OUTILS PÉDAGOGIQUES

La fable écologique

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Définitions

La fable écologique est un genre littéraire dans lequel l'auteur met en vedette la nature environnante : l’être humain, la faune, la flore. Cette fable, dont l’histoire est réelle ou inventée, met en lumière ces trois principaux acteurs et les fait interagir. Son but : porter le lecteur à réfléchir sur l’impact de ses décisions de vie sur la planète et ses occupants.

La fable : Court récit mettant en place des personnages réels, fantastiques ou inanimés. L’écologie 32 est la science qui étudie les milieux et les conditions d’existence des êtres vivants et les rapports qui s’établissent entre eux et leur environnement, ou plus généralement avec la nature.

Quelques notions de base…

La fable écologique privilégie la fiction au réel ou utilise les deux à la fois.

  • Le narrateur (réel ou fictif) peut être un humain, un animal, une plante ou un
    objet inanimé.
  • Les personnages réagissent, interagissent et ont des sentiments. De fait, les
    impressions et les émotions sont parties prenantes du récit.
  • Le récit doit être structuré et aller au-delà de la simple description de la faune
    ou de la flore.
  • Le style est vivant (drôle ou dramatique) et amène le lecteur à se poser des
    questions sur les relations qu’il entretient avec la planète.
  • Des dialogues entre le narrateur et les autres acteurs écologiques impliqués
    ponctuent le récit.
  • La fable contient des informations sur la géographie, l’environnement, la
    culture, la toponymie, la faune, la flore, le langage, auxquels la nature est
    confrontée.
  • Il s’agit d’une invitation à inventer un monde dans lequel les animaux parlent,
    les arbres causent entre eux, là où tous ces éléments vivent en symbiose et
    communiquent.
  • Ce genre littéraire vise à conserver l’attention du lecteur en le surprenant, en
    l’amenant à réfléchir et en lui faisant prendre conscience de son impact sur
    l’environnement.

*Quelques idées de fables écologiques :

Un poisson apparaît dans un songe et explique la disparition totale des poissons à cause de la surpêche, le réchauffement climatique et la pollution des mers. Tous les signes étaient là, mais l’être humain les a toujours ignorés.

L’arbre centenaire :

Un enfant s’endort au pied d’un vieil arbre et, à sa grande surprise, cet arbre se met à lui
parler. Il évoque son expérience et lui raconte le temps où il faisait partie d’une grande
forêt. Il lui explique aussi son interaction avec les autres arbres, les animaux qu’il a vu
passer ainsi que les oiseaux qui ont disparu.

L’accident :

Un daim se fait frapper par une voiture alors qu’il traverse une route. La famille descend
pour constater les dégâts, puis tous les membres se mettent à entendre les réflexions de
l’animal. Ils l’entendent parler de l’envahissement des êtres humains sur son territoire,
de la construction de cette route en plein milieu de la forêt, qui a scindé son territoire en
deux, puis des conséquences de sa désobéissance à ses parents…

Étapes d’écriture à suivre :

1. La planification

Établissez un échéancier de travail pour arriver à remettre votre texte à temps. Référez-
vous aussi à la grille de vérification pour vous aider dans cette étape. Il faut s’astreindre
à une certaine discipline pour arriver au but. N’attendez pas la fin de l’échéance pour
vous précipiter à écrire. À moins que vous soyez un génie de la plume, capable de
générer vos idées en un rien de temps, une petite dose de planification est nécessaire.
Pensez à la chanson de Fred Pellerin : « Il est toujours plus tard qu’on pense ».

Préparez un plan de travail

Il s’agit de prendre le temps de penser dès le départ à établir une structure pour le
texte. Le plan de travail (voir le modèle en annexe) vous aidera notamment à surmonter
le « syndrome de la page blanche ».

2. La rédaction

Les composantes d’une fable :

Le personnage principal

Dans une fable, on peut mettre en scène toutes sortes de personnages. Il en est de
même pour la fable écologique, ce genre littéraire dans lequel le narrateur ou le
personnage peut être réel ou fictif et peut être un humain aussi bien qu’un animal, une
plante ou un objet inanimé. Les personnages réagissent, interagissent et ont des
sentiments. De fait, leurs impressions et leurs émotions sont parties prenantes du récit.

Restez cohérent avec votre personnage principal. Est-il fort, méchant, doux,
implacable? Gardez cela en tête tout le long de votre récit. Vous pouvez bien entendu le
faire évoluer dans un sens ou dans l’autre, comme ça vous chante, il faut tout de même
garder une certaine constance.
Dans ses fables, Jean de Lafontaine, poète du XVII e siècle, campe toujours ses
personnages en peu de mots. Comme il privilégie la poésie comme mode d’expression, il
limite aussi le nombre de protagonistes à deux : le loup et l’agneau, le chêne et le
roseau, le corbeau et le renard, etc. Vous pouvez choisir d’en faire autant et de limiter le
nombre de personnages dans votre fable. Cela vous aidera à la garder plus simple et elle
sera ainsi plus facile à raconter. Cette technique vous aidera aussi à décrire vos
personnages plus facilement. Avoir trop d’intervenants dans un court texte peut le
rendre en effet difficile à lire et à suivre.
La description

La description, qu’on appelle aussi « la narration », vous permet d’établir les motifs de
vos personnages. D’entrée de jeu, Jean de Lafontaine établit son environnement,
comme il nous le décrit dans Le loup et l’agneau 33  : « La raison du plus fort est toujours
la meilleure : Nous l’allons montrer tout à l’heure ».

Dans un récit court, comme une fable ou une nouvelle, la description aide à camper le
personnage et à établir le lieu où se déroule l’action. Lafontaine poursuit en ce sens :
« Un agneau se désaltérait dans le courant d’une onde pure. » En peu de mots, il situe
l’endroit et fait interagir les personnages : « Un Loup survient à jeun qui cherchait
aventure, et que la faim en ces lieux attirait ». On sent tout de suite la tension qui
s’installe entre la force du méchant loup et du petit agneau sans défense.
Il vous faut vous limiter dans les idées que vous pouvez présenter dans votre fable. Il vous faudra vous restreindre et circoncire l’étendue de la narration pour une raison
principale : l’espace. Vous êtes restreint par un certain nombre de mots, 1 500. Cela
peut sembler beaucoup, mais quand on a trop d’idées à développer c’est vite utilisé.
Une narration trop étoffée risque d’alourdir le texte et sa compréhension. Comme le dit
si bien Marie-Adrienne Carrara dans son livre 101 conseils et astuces pour écrire un
livre 34 :
« Toutes les idées ne sont pas forcément bonnes… Ce qui ne signifie pas qu'elles sont
mauvaises, mais elles n’ont peut-être pas leur place ici pour que l’alchimie fonctionne. Si
on compare avec une recette de cuisine, ce n’est pas parce que l’on y mettra toutes les
épices que le plat sera meilleur, au contraire ».

La morale

La morale est une leçon à tirer dans une fable. Elle force et aide le lecteur à prendre une
position et à apprendre en même temps.
Vous pouvez même à la rigueur vous inspirer de la morale pour écrire votre texte. En
connaissant le point de chute, vous pouvez ainsi guider votre lecteur habilement vers
votre conclusion.
Le schéma narratif est une structure sur laquelle repose tout récit. Il est constitué de
cinq étapes principales :

  • La situation initiale ;
  • L’élément perturbateur ;
  • Les péripéties (conséquence dynamique de l’élément perturbateur) ;
  • La situation finale ;
  • Le dénouement.

Le site Web À propos d’écriture 35 décrit en détails le parcours du schéma narratif qui s’applique à la plupart des récits, dont les fables :

La situation initiale :

  • La présentation du personnage principal, du lieu, de l’époque, du décor, etc.

L’élément déclencheur ou perturbateur :

  • La modification de la situation initiale, l’événement duquel découle la suite de
    l’histoire.

Les péripéties :

  • Les actions faites par le personnage principal et par les personnages secondaires qui
    vont permettre l’évolution psychologique du protagoniste.

Le dénouement, la résolution, la fin ou la chute

  • Met un terme aux actions et surprend généralement le lecteur.

La situation finale :

  • Le résultat, la fin du récit.
  • Dans une fable, la situation finale est la morale de l’histoire ou une réflexion portant
    vers l’action qui amène un changement chez le lecteur.

Les temps de verbes

Il faudra que vous décidiez ici dans quel temps vous allez situer vos personnages : le
passé, le présent ou le futur. Pensez toujours à ce fil temporel tout au long de votre
processus d’écriture.

Le passé, même si cela semble évident, vous transporte en arrière. Vous relatez un fait
qui a déjà eu lieu et qui est en rapport avec votre récit.

Le présent se situe dans l’action, cela se passe au moment où vous écrivez, le lecteur et
les personnages sont là avec vous et vous accompagnent dans le récit.

Le futur plonge l’action dans l’avenir. Il est bon parfois d’aller dans l’avenir et de revenir
au présent pour corriger les choses qui ne peuvent se faire qu’au présent. Surtout dans
le cas d’une fable écologique où l’on veut faire ressortir l’impact de nos gestes
d’aujourd’hui sur l’avenir de la planète.

3. La révision

Il faut aussi vous allouer du temps pour la révision. Utilisez un système de traitement de
texte. Ne sous-estimez pas le temps que cela prend pour vous relire. Vous n’avez pas le
contrôle sur le temps des autres.

« Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage », a dit Boileau 36 . Il ne faut pas négliger
que tout bon écrivain doit se soumettre à un travail de révision, voire de réécriture.
Rares sont les textes qui sont totalement issus d’un premier jet. Il faut souvent travailler
et retravailler notre histoire pour que cela tienne. Faites appel à plusieurs lecteurs pour
avoir différents points de vue sur votre texte. Ne soyez pas gêné si les gens vous font
des critiques qui vous déplaisent, ils les font seulement dans le but d’améliorer votre
histoire et de faire évoluer vos personnages. Ce n’est JAMAIS personnel. Méfiez-vous
des gens qui se contentent de vous dire que c’est bien. Demandez-leur plutôt ce qu’ils
ont aimé et moins bien aimé.

La grille de vérification (en annexe) vous guidera aussi tout au long de l’étape de la
révision.

4. La soumission

Une fois que vous avez révisé votre texte et êtes satisfait(e) du résultat, il ne vous reste
plus qu’à le soumettre. Nous ne devenons auteur que lorsque notre texte est diffusé et
lu.

Conseils d’écriture :

Chaque écrivain procède à sa manière et il n’y a pas de recettes miracles. Ce qui
fonctionne pour l’un, ne fonctionne pas nécessairement pour l’autre. Il faut savoir
laisser parler sa voix et trouver sa voie. Personnellement, je ne me sers pas de guide
pour écrire, mais je prépare toujours un plan. Cet outil doit vous servir de repère et
vous aide à établir des balises.

Écrivez, écrivez, écrivez !

Il ne faut pas altérer le processus d’écriture en s’arrêtant pour corriger ou en s’assurant
d’employer les bons termes. Le côté du cerveau qui crée n’est pas le même que celui qui
corrige. Perdre du temps à corriger un texte au fur et à mesure entrave le processus de
création. Il faut ici se laisser aller à écrire tout ce qui peut nous passer par la tête sur le
sujet choisi. Il sera toujours temps de relire et de corriger le texte plus tard.

Tenir un carnet de notes : notez vos observations

Pendant l’écriture de votre texte, gardez un carnet de notes à votre portée et écrivez les
moindres idées qui vous passent par la tête. Vous ne savez jamais comment l’idée la
plus banale peut se retrouver dans votre texte et peut vous aider à définir un lieu, un
personnage, par exemple.
Tout peut être un sujet potentiel ou intéressant, un fait divers, par exemple : « la
banquise qui se détache du pôle et qui risque de devenir le plus gros iceberg jamais vu »
qui était dans les nouvelles récemment. Regardez autour de vous, notez, sentez,
écoutez. Une phrase entendue au hasard peut se retrouver dans votre récit, le
visionnement d’un film peut vous amener sur une nouvelle piste.

Évitez le surmenage

Le pic de votre créativité est assez court. Essayez de vous contraindre à écrire par coup
de vingt minutes à une demi-heure maximum, même si vous vous sentez inspiré(e).
Faites une pause de cinq à dix minutes, faites autre chose et revenez à votre écriture.
Continuez où vous avez laissé ou travaillez sur un autre paragraphe ou une autre idée.
Prenez le temps de relire ce que vous avez déjà écrit dans votre chapitre, si vous y
revenez beaucoup plus tard, question de maintenir le fil conducteur. Ces accumulations
de temps, c’est ce qui comptera dans vos heures d’écriture.

La peur du « syndrome de la page blanche »

Tout écrivain, aussi bon qu’il soit, a horreur du syndrome de la page blanche ou de
l’écran vierge. Le fait de garder vos idées dans un carnet de notes peut vous aider à bien
entamer l’écriture d’un texte. Le plan que je vous suggère de faire au début aide
beaucoup aussi à éviter ce problème. Si l’inspiration ne vient toujours pas, lisez des
livres sur le sujet de votre texte, faites des recherches sur Internet ou prenez une pause
tout simplement et laissez voguer votre imagination. Une autre technique ce qui peut
aider, c’est d’écrire n’importe quoi qui vous vienne à l’esprit, comme : Où je veux aller avec ce personnage? Quelles sont ses relations avec les autres? Au bout de quelques
instants, les idées se mettent en place très souvent.

Tenez compte des points ci-dessous dans votre description pour créer de l’intérêt au sujet de votre texte :

Faire rêver
N’ayez pas peur d’innover et d’inventer des mondes, des lieux, de mettre en
présence des personnages et des objets dans des situations inusitées.

Faire peur
Créez une certaine tension dans votre récit. La peur amène souvent un élément
intéressant, le point de tension dans le texte.

Faire rire
Quand la situation s’y prête, même dans les moments dramatiques, une
insertion d’une situation cocasse peut servir à atténuer temporairement la
tension.

Faire pleurer
Les pleurs aident à amener le lecteur à compatir avec le ou les personnage(s), à
sentir ce qu’ils ressentent ou vivent à un moment du récit.

Bonne écriture !
Gabriel Osson, auteur-conseil
Concours « Mordus des mots »

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